4 ans...

Samedi dernier nous avons fêté les 4 ans de Charles, ce fut un jour tellement heureux, pour lui, et pous nous. Ce fut un jour un peu mélancolique aussi, j'ai senti le temps passer, m'échapper. Elliot m'a regardée alors qu'il enlaçait Charles dans ses bras et m'a demandé "combien de temps nous laissera-t-il encore le porter?"... De grands questionnements de parents... Fait-on bien? Est-il heureux? Et je regarde nos photos du weekend et je me dis que oui, on fait du mieux que l'on peut et une chose est sûre : il est heureux. Je me suis promis de continuer à savourer chaque jour et à faire des čâlins à mon petit garçon jusqu'à la fin de mes jours!
J'ai aussi retrouvé un texte que j'avais écrit il y a longtemps, je pense que Charles devait à peine avoir deux ans. J'avais envie de le partager ici...

Last Saturday we celebrated Charles' 4th birthday, it was a such a happy day, for him and for us. It was a little bit melancholic too, I felt time passing by, escaping. Elliot looked at me whilst holding Charles and asked "how much longer till he won't let me carry him in my arms anymore?"... Some big parents' questions... Are we doing good with him? Is he happy? And I look at all our pictures from the weekend and yes, we are doing the best we can and one thing I know for sure : he is happy. I promised myself to keep savoring each day and to never stop giving my little boy cuddles so long as I shall be on this earth!
I have also found something I had written a long time ago, I think Charles would have not been 2 years old yet... I have shared it in French below but I do not think I could translate to English to a level I would happy with, sorry!

" Et à l’instant, tu me piques mon stylo pour gribouiller tes chimères au coeur de mes mots.
Quand je vois le mordant avec lequel tu croques la vie, je me demande où est passé le miens. Comment ont donc fait toutes ces années pour dérober l’élan, le feu, la jouissance?
J’aime te regarder, te décortiquer avec les yeux, attarder mon regard sur les plis de ta peau, celui juste entre la main et le poignet, puis celui de ta nuque quand tu cherches au plus haut vers le ciel.

Tu es une couleur qui n’existe pas, un mélange d’étoile et de terre.

Sais-tu qu’il existe un Dieu? Moi j’en suis encore plus convaincue depuis le jour de ta naissance.

Et quand nous nous promenons tous les deux, dans un silence solennel et dans une connivence parfaite, nous écoutons ensemble le vent. Coeur contre coeur, mes bras fatigués t’encerclent pourtant toujours, et je marche pour nous. Tu reposes parfois ta tête sur mon épaule mais pas trop longtemps, le spectacle de verts tout autour est enivrant, il ne faudrait pas en perdre une goutte.

Depuis que tu es tout petit je te vois regarder les arbres, les grands rois, et je discerne du respect dans tes yeux, comme si tu avais déjà tout compris, la vie, cette terre, la création. Leur imposance t’a même parfois fait peur, c’est un gouffre un arbre quand on y réfléchit trop longtemps. J’ai mal d’imaginer ton esprit happé par les vérités qui nous ont à nous déjà échappé.

Te décrire reviendrait à te réduire, t’enfermer, alors que tout à ton sujet n’est que liberté.

Parfois, souvent, tu me vides. Ton besoin d’attention totale et indivisée suce mon énergie. Je n’ai rien le droit de faire à part t’accompagner dans tes jeux. C’est à ce moment que je perds pied à l’intérieur, que je me demande où j’ai disparu, je me cherche entre des rails de train en bois et des carottes en plastique. N’importe qui dirait alors, comme lors d’une répétition, qu’il faut profiter de chaque instant, qu’ils grandissent trop vite, qu’un jour je regretterai cette époque. Je le sais tout ça bien sûr, le présent me manque d’ailleurs déjà, le temps s’évapore sous mes yeux, mais les souvenirs d’un temps qui nous manque ne sont-ils parfois pas faits d’évènements enjolivés par le fil des années? On omet tel détail, on passe outre un autre, on se recréé une vérité qui n’a jamais vraiment existé comme telle.

Quand je repense à toi nouveau né je sais que tu pleurais, hurlais, sans relâche, jour et nuit. Je le sais, mais si je fouille ma mémoire, je ne le vois plus. Je vois seulement le bébé endormi de tout son poids contre mon coeur, le bébé dans mes bras enkylosés, le petit corps si doux, si neuf et si fragile. Je ne vois rien d’autre, je ne veux rien voir d’autre."